MEDECINE DE LA PERSONNE, MEDECINE DE L'AME
P. Pastel : Quelles possibilités de synthèse voyez-vous entre les découvertes scientifiques modernes et une approche humaine globale de l'homme comme celle du Zen, par exemple ?
Dr Irampour : Un jour viendra où il y aura une unité complète de la médecine. Tout deviendra simple - toutes les connaissances seront subordonnées au Bonheur de l'homme et à sa vie spirituelle.
En attendant, il faut quelques explications pour clarifier la situation actuelle (qui évolue beaucoup).
Reprenons l'exemple du cancer (pour des raisons de commodités sinon il existe à un niveau profond et global : unité dans les maladies, nous y reviendrons une autre fois).
On se rend compte de plus en plus que les souffrances de l'esprit, comme certaines de nos attitudes dans la vie facilitent voire même provoquent la cancérisation et qu'à l'inverse, une transformation psychologique positive agit dans le sens de la guérison.
Fait partie de ces constations scientifiques modernes, le fait que le cerveau influe directement sur le système immunitaire lequel doit combattre ou détruire les cellules cancéreuses.
Tout cela est très bon à savoir et confirme la réalité psychosomatique de la maladie.
Mais le savant, cancérologue qui apprend ou même qui découvre ces mécanismes peut être lui- même quelqu'un de très perturbé.
Autrement dit, la connaissance de ces mécanismes ne le changera pas nécessairement. Or, pour guérir des causes de ses troubles ou de sa maladie (future ou actuelle), il doit lui-même changer spirituellement.
Le Maître ZEN est, comme le disent si bien Eric FROMM et le Prof. Jean LHERMITTE, psychiatre et académicien, capable d'une objectivité infiniment supérieure à celle du scientifique en question.
Il est capable de vivre des relations en tous points plus positives avec l'univers et ses semblables, les hypothèses et pensées négatives concernant la vie lui sont étrangères.
Entre le vrai Maître ZEN et le savant cancérologue en question, il y a des années lumière de distance. SIMONTON, le médecin cancérologue américain qui soigne les malades cancéreux par des aproches psychologiques naturelles avec d'excellents résultats et dont les livres ont fait le tour de la terre, insiste, actuellement dans ses séminaires directs, sur le fait que ce qu'il dit pour prévenir ou guérir des maladies, les grandes sagesses l'ont toujours enseigné.
Tous les progrès matériels ou thérapeutiques du cancérologue en question ne peuvent combler cette distance. Car, il s'agit de 2 sciences très différentes : l'une, est partielle, mécaniciste et l'autre est avant tout une médecine de l'homme et de son équilibre spirituel.
Associer les deux est certes actuellement hautement souhaitable et tout à fait possible.
C'est ce que préconise, d'ailleurs, Carl SIMONTON qui conseille aux malades cancéreux de conserver leurs traitements classiques s'ils l'ont bien choisi.
C'est aussi mon attitude face à ce type de problème.
Le problème n'est donc pas là, ce qui est vital et est devenu urgent à l'heure actuelle est de combattre la mentalité mécaniciste (le scientisme) et ses conséquences humaines graves à tous les niveaux (flambées de souffrances, etc...)
Tout particulièrement sur le plan psychique et spirituel on ne peut jamais enrayer ou guérir les souffrances humaines que j'ai évoquées par des médicaments.
La thérapie qui consiste à agir sur l'esprit par des médicaments a fini par créer une vaste toxicomanie à l'échelle nationale. Plus de 10 % de la population consomme des médicaments psychiques.
L'absorption de tranquillisants a atteint des proportions extrêmement graves. Des campagnes sont entreprises aux USA contre ces traitements médicamenteux. En 1990, la Caisse Primaire d'Assurance Maladie d'Ile-et-Vilaine, lance une campagne dans ce sens, rapportée par le Nouvel Observateur (N ° 32 de Novembre 1990) qui déclare :
"les Français cinq fois moins nombreux consomment autant de tranquillisants que les Américains".
Qu'est-ce-qu'un tranquillisant, sinon une substance qui déprime les activités mentales et nerveuses supérieures.(ce qui baisse la tension et l'anxiété).
Alors que l'énergie nerveuse ainsi tassée pourrait par d'autres démarches, être intégrée par la personne pour son épanouissement.
Ce type de médicaments doit être réservé aux cas graves ou pour une période brève de crise et quand on ne peut imaginer ou faire autrement.
P. Pastel : Dans cette vaste mutation, comment se retrouver face à l'éclosion de tant de méthodes de psychothérapies, et comment les situer dans votre synthèse par rapport, notamment à la médecine naturelle ?
Dr Irampour : La question de la psychothérapie paraît ! des plus complexes.
D'abord, il faut que je précise, qu'en ce qui nous concerne, il ne s'agit pas de proposer une synthèse comme une doctrine nouvelle ; mais, d'examiner concrètement les réalités en sortant des cadres étriqués des enseignements et pratiques classiques pour puiser aussi nos inspirations, et arguments scientifiques dans ce vaste champs des transformations que l'on peut observer à travers d'autres expériences et témoignages humains, sans oublier des voies thérapeutiques que l'on qualifie arbitrairement, de parallèles.
Dès lors, il devient indispensable pour enseigner une approche thérapeutique réellement humaine de revenir aux repères qui caractérisent notre synthèse et que j'ai situés au début de cet entretien (bon sens, simplicité, clarté, rationalité, globalité, etc...).
Alors, les choses rendues si compliquées deviennent plutôt simples à des niveaux essentiels !; l'anxiété et la peur sont à la base de la plupart des troubles psychologiques.
On estime que 6 millions de personnes ont eu maille à partir avec la dépression.
La plupart de ces dépressions importantes ou non se résolvent par elles-mêmes au bout d'un certain temps.
L'aide psychologique peut toujours être utile, quelle que soit la méthode utilisée elle peut améliorer la personne à conditions que le client s'y engage.
Une simple écoute bienveillante peut faire des miracles.
Le Prof. BOURGUIGNON écrit même "La Psychothérapie est quotidiennement l'affaire de tous y compris de celui qui distribue les repas (dans la hôpitaux)".
Le problème ne consiste donc pas à savoir si certains patients se sont améliorés ou si la dépression s'est atténuée ou a disparu dans tel ou tel cas.
La question scientifique centrale est donc de savoir à quel point une thérapie peut puiser dans les ressources naturelles de l'homme pour l'épanouir, pour augmenter en profondeur sa confiance en lui-même, son optimisme et sa créativité.
Car, l'unanimité semble être faite sur un point : nous n'utilisons pas le centième de nos capacités naturelles alors que dans le même temps, il est courant de voir des personnes continuer des années de psychothérapies et n'obtenir autre résultat qu'une banalisation de leur existence et de rester fragile alors qu'elles disposent de tous les potentiels pour se transformer réellement.
Combien de fois, rencontrons-nous des personnes ayant fait des études importantes en psychothérapie et subi elles-mêmes une longue thérapie, mais qu'un problème existentiel enfonce dans une grande détresse, alors qu'elles étaient censées avoir liquidé en profondeur tous problèmes !
Très nombreux sont aussi ceux qui ont connu une grande détresse et qui, à la faveur de démarches simples et naturelles (capables de mobiliser leurs ressources) se sont transformés et en sont sortis au point d'être devenus par leur témoignage, un modèle, un remède pour ceux qui ont besoin d'aide.
La psychothérapie subit une mutation complète et se rapproche plutôt du bon sens. Le bon sens ne correspond pas à une connaissance ou pratique rudimentaire.
Au contraire, il est lié dans la vie humaine, aux forces profondes de l'être, à ses intuitions vitales, à un engagement sincère, essentiel et authentique - et non à un endoctrinement. Ce serait par conséquent avoir une piètre idée de l'homme, de la nature humaine et de ses potentiels et capacités, que de penser que des millions de personnes ne méritent pas autre chose que de prendre des tranquillisants ou de rester fragiles et passifs, malgré des années de psychothérapie.
C'est pourquoi, une pédagogie vitale d'épanouissement des forces profondes de l'individu humain est, à l'heure actuelle, l'enseignement le plus indispensable pour tous. Aujourd'hui, tous les psychothérapeutes, grands par leurs oeuvres (C. ROGERS, MASLOW, LOWEN et bien d'autres) insistent sur l'importance vitale de la Foi du thérapeute lui-même dans la vie de l'homme et de ses potentiels humains. Or, les théories psychologiques officielles pessimistes (qui vont à l'opposé de tout ce que les grands auteurs, tant philosophes que thérapeutes ont pensé, dit et écrit) sont encore trop courantes auprès de beaucoup de psychothérapeutes ou de professeurs de psychologie.
Certes ces doctrines régressent peu à peu.
Un exemple en est la psychologie freudienne qui s'est octroyée le nom de psychanalyse et qui s'était imposée pendant longtemps dans les Universités à la médecine mentale (Je ne parle pas de la psychologie d'un Jung qui était un géant dans l'exploitation de l'âme humaine).
Un examen simple et essentiel de cette doctrine psychologique freudienne nous permet de constater ses erreurs de base : selon cette théorie tous les troubles psychologiques proviennent d'un refoulement de la sexualité.
Or, depuis 50 ans, nous vivons une libération, un défoulement sans précédent de la sexualité. Les troubles psychologiques, au lieu de reculer, ont progressé considérablement.
D'ailleurs, l'efficacité de la psychothérapie freudienne sur les troubles sexuels a été négligeable. Observations, rapports et enquêtes sont unanimes.
On peut lire dans la conclusion de l'enquête d'une psychanalyste, elle-même freudienne, et non critique, sur les analysés, que l'effet de cette psychanalyse sur la sexualité des analysés est en général nul.
(Les analysés parlent - Ed Stock - p 328 - D. Frischer).
Alors que des thérapies basées sur le réveil sensoriel et l'apprentissage de la tendresse (méthode naturelle) ont donné des résultats excellents dans des cas d'impuissance sexuelle ayant résisté à de longues années de psychothérapies freudiennes.
Ces théories scientifiques encore courantes de l'âme humaine ne résistent pas à un examen sérieux. Les auteurs qui ont mené de véritables recherches ont abouti aux mêmes constats.
Ceux, californiens de l'école de Pablo Alto ont fait table rase de toutes ces théories.
le psychiatre et psychanalyste Chertock, arrive, vers la fin de sa carrière aux mêmes conclusions et cite les chercheurs américains : "Les techniques psychanalytiques entretiennent des méthodes de communication qui sont exactement à l'opposé des facteurs qui font que la psychothérapie peut être bénéfique" (le non savoir des psy... p122p).
Et pourtant ces mécanismes sont des phénomènes humains simples et essentiels, et qui ont toujours fait partie de la communication entre les hommes !
Ce qui est donc scientifiquement important ce n'est pas l'attachement à une idéologie mais l'exploitation des potentiels de "guérison ", lesquels sont plutôt liés au bon sens et non aux idées plus ou moins compliquées coupées de la vie.
Le travail sur notre passé, sur nos blocages, la prise de conscience etc... peuvent se faire d'une manière vivante, mobilisant nos moyens naturels de transformation, ce sera alors une thérapie naturelle qui nous épanouira.
L'esprit de l'homme fonctionne naturellement par des idées et croyances.
Les idées peuvent bloquer les clients comme les thérapeutes !
Il est hélas impossible de faire le point ici en quelques mots sur ces problèmes d'intérêt vital dans la vie de tout un chacun comme dans l'évolution de la culture et de la société.
Et, dans cette fantastique transformation de la civilisation où tout le monde est en recherche, il faut souvent malheureusement de longues années de perte de temps et d'égarement pour retrouver son chemin.
C'est pourquoi nous avons constamment organisé des recherches, des ateliers, des unités de formation afin d'orienter les personnes intéressées, de les former par un enseignement vivant et leur éviter les longues années d'égarement.